Situation historique
Nous quittons la Birmanie par avion le 8 decembre pour rejoindre Bangkok en Thailande. En l’espace de quelques heures, nous voila plonge dans l’horreur du tourisme de masse, plus precisement dans la fameuse ‘Kausan Street’, la rue archi-touristique. Mais ce sera pour une courte duree car des le lendemain, nous sommes deja en route pour le Cambodge par la voie terrestre. Venant de Birmanie, nous apprecions fortement les splendides routes (autoroutes) de la Thailande. Apres deux/trois entourloupes de la part des Thais pour rejoindre la frontiere thailandaise-cambodgienne, et une interminable attente sous un soleil ecrasant, nous faisons enfin nos premiers pas au Cambodge. Une nuit et quelques bus plus tard, nous pouvons rejoindre la capitale Phnom-Penh. Cette course contre la montre a tout de meme un sens, celui de rejoindre notre amie Chalotte qui nous rejoint dans la capitale cambodgienne pour Noel (Youpi!). Plusieurs surprises nous sautent aux yeux des notre arrivee a Phnom Penh, la capitale du “pays du sourire”: Dans la plupart des restaurants, la nourriture francaise est “encore” bien presente! (nb: le Cambodge faisait parti de l’Indochine Francaise!) Eh oui, la baguette, le fromage, etc… A vos yeux, ce ne sont peut-etre que des details (“Et a quoi ca sert d’aller au Cambodge, si c’est pour manger franchouillard!”) mais pour nous, quel immense plaisir que de retrouver, par exemple la saveur du chevre chaud! La ville de Phnom Penh est etonnement agreable et aeree (cad qu’on ne s’attendait pas a de grandes avenues bordees de platanes pour une capitale asiatique, merci les francais!!!). Mais rapidement, les traces du passe sanglant du Cambodge nous sautent aussi aux yeux. Le Cambodge a connu dans les annees 75-79 un genocide organise par les “Kmers Rouges” , sous la direction, entre autre, du tristement celebre Pol Pot. Il y a quasiment a chaque coin de rue un unijambiste, victime des mines deposees par les kmers rouges, puis leurs ennemis, dans une guerre d’usure interminable qui a touche en premier lieu les paysans.Nous nous posons dans une sympathique petite ruelle touristique (hamacs et spaces pizzas… ambiance un peu speciale!) avant d’aller chercher le lendemain notre amie Charlotte a l’aeroport. Nous avons en effet la chance de passer les fetes de Noel 2004 ensemble, et c’est tous les trois que nous poursuivrons notre voyage a travers le Cambodge jusqu’au 30 decembre. Cela nous fait tellement plaisir de retrouver notre amie!Des notre arrivee sur le sol cambodgien, nous nous laissons envouter par cette agreable ambiance qui regne dans la capitale. Nous retrouvons aussi les enfants qui nous courent apres pour nous vendre de tout et n’importe quoi (pour oublier les horreurs de la guerre (?), explosion demographique dans le pays, et helas beaucoup d’enfants sont dans la rue et travaillent tres tres jeunes. Mais la majorite aussi sont scolarises, grace notamment aux tres nombreuses ONG qui se sont implante ici, plus que partout ailleurs en Asie). Decouverte aussi d’un tout nouveau style architectural, “khmer”, en admirant les pagodes et palais. Bon, on va essayer de vous decrire tout cela: Les toits ressemblent plus au style thai avec des volutes en forme de flamme: C’est a dire qu’a la place de la goutiere, il y a aux quatre coins des “doigts” qui pointent vers le ciel! Et dans beaucoup de quartiers, les maisons coloniales de l’epoque indochinoise sont encore debout, souvent dans de piteux etats mais parfois aussi superbement restaurees. Pour se ballader ici, rien de plus facile, il suffit de tendre la main au bord de la route et en deux secondes plusieurs ‘moto-dop’ des motos vous proposent leur service. Les cambodgiens, eux, se balladent souvent a 3, 4 ou meme a 5 sur une seule moto! (Nous, on a essaye a 3 passagers + deux sacs a dos enormes sur une vespa, sur chemin en terre plein de bosses… et nous sommes arrives entiers! Bon, il n’y avait pas d’autre solution possible…)Nous passons en tout 3 jours a decouvir notamment le palais royal (Oui, le Cambodge est un royaume, avec un vieux roi tres celebre, Sihanouk, qui a traverse toute l’histoire moderne tourmentee du pays. Son fils est maintenant au pouvoir. C’est un roi sans reine, qui risque de le rester vu ses preferences sexuelles!). Nous degustons les merveilles du musee national qui nous donne un avant gout des sculptures d’Ankor, et nous deambulons dans les anciens quartiers coloniaux (oui effectivement, ca fait un peu nostalgie… deplacee!). Nous ne manquons surtout pas de profiter a fond de la cuisine francaise locale, imaginez-vous, du pain frais! L’administration cambodgienne est rongee par la corruption (et dire qu’on se plaint en France! Rien a voir), et le pays se reconstruit essentiellement sur les aides financieres des associations caritatives. Petite anecdote: Amenant une lettre a la poste principale de la capitale, nous decouvrons comment les services publics fonctionnent ici: Chacun se sert dans la caisse et preleve un backshish pour completer son maigre salaire. Puisque nous avons une bonne mine de touristes, une employee finaude nous demande 10 dollars (pour une simple lettre!). Comme nous rouspetons un peu, le prix passe bizarrement a 8,5 dollars?! Nous exigeons alors (avec des pincettes = nos interlocuteurs asiatiques ne doivent pas perdre la face!) une table avec le prix en fonction du poids. Le prix sera divise de moitie, et apres avoir verifie les timbres colles sur l’enveloppe (il en manquait les 3/4, petite coquine! Grrr! Il faut garder le sourire, nous sommes en Asie!), nous pouvons enfin mettre le tout dans la boite. Il nous reste plus qu’a prier pour qu’elle arrive…Nous apprendrons plus tard par des amis de Charlotte travaillant au Cambodge, que la corruption a atteint des sommets dans ce pays. Une visite nous marque profondement: A Phnom-Penh se trouve le “musee Tuol-Sleng”, ancien lycee tristement connu pour avoir servi de prison aux “Khmer Rouge”. Ce musee montre a quel point le regime etait dur et la souffrance sans fin, nous avons tous les 3 ete tres emus. Il faut savoir que durant la periode 1975 a 1979, quasiment un cinquieme de la population khmer a ete eradiquee. Les intellectuels, les moines et chaque personne qui presentait le moindre signe d’education, etait litteralement extermine (style porter des lunettes, savoir lire…). Les tortionnaires etaient methodiques, et les murs sont recouverts des milliers de photos des victimes, avant et apres torture, une horreur. Ces gens etaient tues avec leurs familles, femmes et enfants. Nous avons beaucoup pense aux horreurs de la 2eme guerre mondiale, a notre porte. Ce sont des choses qu’il ne faut pas oublier.

2 Comments:
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